Comment fonctionne une tourbière ? D'où provient l'eau indispensable à son équilibre ? Et pourquoi les activités humaines peuvent-elles fragiliser ces milieux pourtant si précieux ?
Pour répondre à ces questions, le Parc naturel régional Scarpe-Escaut, partenaire du programme européen LIFE Anthropofens, a confié au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) deux études consacrées au fonctionnement hydrogéologique et géochimique des tourbières de Vred et Marchiennes (Nord).
Leurs principaux enseignements sont aujourd'hui accessibles au plus grand nombre grâce à une vidéo pédagogique réalisée dans le cadre du programme LIFE Anthropofens.
Les tourbières figurent parmi les écosystèmes les plus rares et les plus précieux d'Europe.
Véritables réservoirs de biodiversité, elles jouent également un rôle essentiel dans la régulation de l'eau, l'atténuation des crues, le soutien des débits en période sèche… et le stockage du carbone. À surface égale, une tourbière en bon état peut stocker jusqu'à deux fois plus de carbone qu'une forêt.
Mais ces milieux ne peuvent remplir toutes ces fonctions qu'à une condition : disposer d'une alimentation en eau adaptée.
C'est précisément cette question qu'ont cherché à éclaircir les études menées par le BRGM.
Contrairement à une idée reçue, les tourbières de Vred et de Marchiennes ne dépendent pas uniquement des précipitations.
Les études montrent qu'elles sont principalement alimentées par la nappe des sables thanétiens, une nappe phréatique superficielle située juste sous nos pieds.
Cette découverte est déterminante pour les gestionnaires.
Elle montre que la préservation de ces tourbières ne peut pas se limiter au seul périmètre du site naturel : c'est l'ensemble du fonctionnement hydraulique du territoire qui influence leur état de conservation.
Le réseau de fossés, de canaux et les aménagements réalisés dans la plaine alluviale interagissent directement avec cette nappe et conditionnent la quantité d'eau disponible pour les tourbières.
Les études mettent également en évidence un autre enjeu majeur : la qualité de l'eau.
Depuis plusieurs siècles, les vallées de la Scarpe et de l'Escaut ont été profondément aménagées pour répondre aux besoins agricoles, industriels et urbains.
Aujourd'hui, les polluants issus des activités humaines peuvent s'infiltrer dans les nappes souterraines avant de réapparaître dans les tourbières qui en dépendent.
Les chercheurs soulignent ainsi la nécessité de penser la gestion de l'eau à l'échelle de tout un territoire, afin de trouver un équilibre entre les différents usages de la ressource, la préservation des activités humaines et la conservation de ces milieux exceptionnels.
Ces travaux illustrent parfaitement l'un des objectifs du programme LIFE Anthropofens : mieux comprendre le fonctionnement des tourbières pour mieux les restaurer.
Les résultats des études apportent aux gestionnaires des informations essentielles pour orienter les futures actions de restauration, anticiper les effets du changement climatique et adapter durablement la gestion hydraulique des sites.
Ils rappellent également que la préservation des tourbières dépasse largement les limites de ces espaces naturels : elle dépend de choix réalisés à l'échelle de tout un bassin versant.
Pourquoi les tourbières sont-elles de véritables éponges naturelles ? Quel est leur rôle dans le stockage du carbone ? Comment l'eau circule-t-elle jusqu'à elles ? Quels enseignements les scientifiques ont-ils tirés des études menées à Vred et Marchiennes ?
Autant de questions auxquelles répond cette vidéo, produite dans le cadre du programme LIFE Anthropofens, coordonné par le Conservatoire d'espaces naturels des Hauts-de-France, avec le soutien de l'Agence de l'eau Artois-Picardie et de l'Union européenne.
Au fil des images, chercheurs, gestionnaires et acteurs du territoire expliquent avec pédagogie pourquoi mieux connaître les tourbières est une étape indispensable pour mieux les préserver.

▶️ Découvrez la vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=iWGF8u9-Cq8
Les études hydrogéologiques et géochimiques présentées dans cette vidéo ont été conduites par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) à la demande du Parc naturel régional Scarpe-Escaut, partenaire bénéficiaire du programme LIFE Anthropofens. Elles illustrent l'importance de la recherche scientifique pour accompagner les gestionnaires dans la restauration et la préservation durable des tourbières alcalines.